12 décembre 2005
Congrès syndical
La semaine passée, les 9 et 10 octobre, se tenait le comité général de l'Union départementale CGT du Val de Marne. Un moment d'échange et de débats, intéressant, dans le cadre de la préparation du prochain congrès confédéral CGT. Ce prochain congrès est rendu nécessaire, notamment, par la mise en minorité de Bernard Thibaut et ses proches, en mars dernier, sur la question de l'appel à voter lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Thibaut était favorable à ne donner aucune consigne de vote ; le Conseil confédéral national, sorte de parlement de la CGT, a choisi d'appeler à voter "non". Le débat a pris des allures de conflit entre les "modernes" et les "anciens". Et la discussion se poursuit sur cette lancée. Du coup, les principaux débats sur l'avenir du salariat sont pourris par cette ambiance.
Coup de sang, tout de même, lors du comité général de l'UD 94. Frédérique Dupont, secrétaire générale de la CGT Val de Marne et accessoirement secrétaire de la confédération, évoque les banlieues dans son rapport introductif. Rien de plus de normal : les événements dramatiques qui ont enflammé les périphéries urbaines entre octobre et novembre n'ont pas épargné le Val de Marne. Dans ce département, nous vivons et nous travaillons. Il me semblait donc que nous étions en capacité de produire une réflexion propre, basée sur notre vécu, sur nos réalités, sur ce sujet. Las, Frédérique Dupont n'évoque ces événements dramatiques qu'au travers de l'intervention de John Monks, patron de la Confédération européenne des syndicats, au congrès de la CFTC...
C'est dire que, même dans les syndicats, la création d'une pensée, d'une analyse, originales est en recul. Et la vie de nos voisins, de nos collègues, dans tout ça ? On fait comment ? Du coup, je suis encore passé pour un allumé.
J'ai repris la trame de ma réflexion sur les banlieues (voir le texte Les Périphéries de la France, la République et la reconquête) en la recontextualisant. Ca a un peu refroidi la salle : on ne s'en prend pas impunément aux directions syndicales. Mais pas mal de camarades sont venus me féliciter après. Ca ne sert pas à grand chose, mais ça fait chaud au coeur.
01 décembre 2005
Le Comité des oeuvres sociales dans ma ville
Voilà, ça aussi, c'est fait. Hier, dans la mairie dans laquelle je travaille, nous votions. L'enjeu était de désigner les administrateurs du Comité des oeuvres sociales (COS) de la ville, c'est à dire l'équivalent d'un Comité d'entreprise dans sa partie "loisirs, voyages, activités diverses". L'aspect "économique" est assuré, dans les collectivités territoriales, par un Comité technique paritaire.
Or, donc, nous avions monté une liste unique CGT et FSU (la FSU, dans la Fonction publique territoriale est née du départ des militants CFDT après la "trahison" de Chérèque sur les retraites en 2003). Il va sans dire que cette liste unique n'allait pas de soi. En fait, en tant que membre du bureau de mon syndicat CGT, j'ai exprimé cette idée dès août dernier. Le président sortant du COS - CGT lui aussi - a eu la même idée de son côté.
Inutile de dire que nos instances n'ont pas forcément vu d'un très bon oeil cette idée. Les rapports entre la CGT et la FSU ne sont pas toujours des plus courtois, étant donné l'historique des camarades majoritairement issus de la CFDT, fût-elle en lutte. Mais bon, nous avons eu un "vote" (si, si, c'est vrai) et la proposition est passée.
Pourquoi une liste unique, me direz-vous ? Le syndicalisme français est déjà suffisamment éclaté, par rapport aux besoins effectifs des salariés, notamment ceux du privé. Si je refuse l'uniformité pour l'uniformité, il me semble que deux gros pôles syndicaux : l'un, d'accompagnement, tel que l'incarne la CFDT aujourd'hui ; l'autre, plus revendicatif, tel que le défend la CGT, seraient suffisants.
De plus, les différences sur les cahiers revendicatifs respectifs de la FSU et de la CGT, si elles existent, ne sont pas suffisamment fondamentales pour justifier la pérennisation de centrales indépendantes.
Enfin, sur un COS, ces différences sont encore plus infimes. Ce serait donc dommage de vouloir se compter pour se compter. Certes, il y a la question de la représentativité des diverses organisations syndicales au Centre national de la fonction publique territoriale. Mais celle-ci se mesure au travers des élections aux comités techniques paritaires et aux commissions administratives paritaires.
Donc, voilà, pour une fois, c'est d'abord l'intérêt des salariés qui a été pris en compte. Le résultat est là : 3 agents sur 4 se sont déplacés.





