socialiste au 21e siècle

Pourquoi et comment être socialiste aujourd'hui ? L'avis d'un militant socialiste, engagé dans la minorité de gauche, et par ailleurs militant syndical.

13 janvier 2006

Mme Loyal se voit à l'Elysée

Alors, voilà, comme L'Express avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, Le Nouvel Observateur a choisi le nouveau champion de la 2e gauche. Ce sera Ségolène Royal, vendue ainsi : "Et si c'était elle ?". On ne dira jamais assez combien les médias jouent le jeu de l'angoisse. Jean-Claude Bourret avait lancé la mode avec son fameux "la France a peur", comme quoi Sarkozy ne date pas d'hier...

Certains me diront "quel est le rapport entre Sarkozy et Mme Hollande ?". La question se pose et on a déjà un élément de réponse... M. Royal a bien posé côte à côte avec le duce de l'UMP (oui, je maîtrise mes références historiques, ce n'est pas une erreur sémantique). Premier élément d'un jeu de piste.

Alors, Mme Loyal, Ségolène de son prénom, Reine du Poitou-Charentes, se voit pousser des ailes et décide d'aller soutenir Mme Bachellet, candidate socialiste aux présidentielles chiliennes. L'appétit vient en mangeant a démontré Chirac... J'entends et je pourrais dire : "allez Ségo, vas-y !!!".

Et puis, je me suis interrogé. Est-ce en se battant contre la pornographie (esprit des Lumières, revenez !!!!), en faisant l'apologie de la Famille (du travail et du parti ?), que Mme Hollande fera gagner les socialistes héritiers de la résistance à Pinochet ?

Il n'y en a qu'une pour se réjouir de la candidature putative de Mme Hollande, c'est Christine Boutin. Comme dit Le Pen en parlant de Sarkozy, "le peuple préfère toujours l'original à la copie".

On est mal barrés pour voir la gauche au 2e tour en 2007. Pour la peine, j'en viendrais presque à soutenir Jean-Marie Boekhel.... C'est dire. Allez, la suite....

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12 décembre 2005

Rénover maintenant

Bon, nous y voilà. Arnaud Montebourg, Thierry Mandon, Karine Berger et Christian Paul lancent "Rénover maintenant", le nouveau courant de gauche au sein du Parti socialiste. Il ambitionne de regrouper toutes celles et tous ceux qui considèrent que la majorité synthétique du PS ne peut décemment mener la rénovation des pratiques et des idées socialistes, en vue de répondre aux exigences de notre électorat (l'actuel, celui qui nous a quittés, celui qui attend nos propositions) et plus largement des citoyens de ce pays.

Inutile de dire que j'en suis.

Pourquoi recréer un courant minoritaire, me direz-vous ? Les leçons du passé n'auraient-elles servi à rien ? Justement, si !!! C'est pour cela que nous recommençons. Il ne s'agit pas de créer une opposition interne pour le plaisir. D'ailleurs, ce n'est pas une opposition. Ceux à qui nous devons nous opposer, en tant que socialistes assumés, c'est la droite, le Medef, l'extrême-droite.

En revanche, le constat m'est clair : le PS, dans sa synthèse artificielle, n'offre pas de clarté politique, d'originalité, de réponses aux besoins des citoyens, particulièrement les salariés, chômeurs, précaires, jeunes... de toutes origines géographiques. Les dramatiques incidents en banlieue ; les grèves à EDF, à la SNCM, à la RTM... en témoignent plus que jamais. J'en discutais ce matin, dans le train, avec un copain membre du bureau fédéral national de la FSU. Nous nous faisions ce constat de l'incapacité pathétique de la nouvelle direction du PS d'adresser des messages clairs, audibles, inovants, à ceux qui sont en attente. Et mon copain a appelé à voter Jospin au premier tour, en 1995. C'est dire qu'il n'est pas un anti socialiste primaire.

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30 novembre 2005

Socialisme, social-démocratie et tutti quanti

Lecture intéressante que celle de la "Politique" d'Alain Duhamel dans "Libération" d'aujourd'hui. Ce cher chroniqueur taille, sans le vouloir certainement, un costume trois pièces cravate à ce pauvre François Hollande, qui n'avait certes pas besoin de cela.

Ainsi donc, le texte issu de la "sainte thèse" du Mans n'est pas socialiste, du moins n'en mérite-t-il pas le nom, sauf à tenir compte de l'appartenance partidaire de ses auteurs, explique en substance "le" spécialiste de la res politica en France... Plus grave, ce projet serait bien moins novateur que le programme du premier ministre Lionel Jospin en 1997. Sur ces faits, on peut ergoter à la virgule évidemment, mais - dans l'ensemble - le constat est juste.

Là où notre Duhamel national commence, un tantinet, à se fourvoyer, c'est quand il conclut que ce texte est "réformiste" et "social-démocrate". Ce qui tend à mettre en opposition socialisme et social-démocratie, autant que socialisme avec réformisme.

Sans rentrer dans la sémantique, il serait bon que chacun se rappelle quelques petites choses. Le réformisme prône le changement de société par la voie de la réforme (d'où son nom), de la démocratie, de la progression construite. Mais il y a tout de même l'idée de changement de société, de rupture avec le capitalisme. C'est d'ailleurs François Mitterrand, grand réformiste devant l'éternel et que nul ne saurait décemment taxer de "gauchisme", qui tranchait à Epinay : "Celui qui n'est pas anti-capitaliste n'a pas sa place au Parti socialiste". Les choses étaient donc claires. Les statuts du parti socialiste le sont tout autant : "Parti de rassemblement, il met le réformisme au service des espérances révolutionnaires. Il s'inscrit ainsi dans la démarche historique du socialisme démocratique" (déclaration de principes du Parti socialiste, adoptée à l'unanimité au Congrès de Rennes - 1990).

Enfin, la social-démocratie n'est devenue que très récemment, et contre l'histoire, contre les faits, synonime d'accompagnement du libéralisme. Marx se définissait comme social-démocrate, de même que Lénine, membre du Parti social démocrate des ouvriers de Russie, qui deviendra, après la révolution d'octobre, le Parti communiste de Russie.

Cessons donc de faire dire aux mots autre chose que ce qu'ils signifient historiquement. Et dans la réalité des faits.

Cela pour conclure en disant que le texte issue de la "sainte thèse" du Mans n'est pas même social-démocrate. Comme la politique de Lionel Jospin en son temps, il n'a d'autre but que l'accompagnement social du capitalisme. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin aujourd'hui. Ce dont la France a besoin c'est d'un parti réellement socialiste, qui se conforme à sa déclaration de principes. C'est à dire qui oeuvre au changement de société.

Je cite encore : "Le Parti socialiste est un parti de transformation sociale. La faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inégalités, accentue les déséquilibres mondiaux, exploite les richesses du Tiers-Monde et maintient dans de nombreux pays chômage et exclusions.
Le Parti socialiste est donc favorable à une société d'économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournisse à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l'intérêt général.
Il agit pour son dépassement par de nouvelles formes d'organisation économique et sociale donnant aux salariés une véritable citoyenneté dans l'entreprise.
Dans les secteurs clés qui déterminent la formation du citoyen (l'école, l'université, la télévision), les conditions de vie (logement, santé, environnement), il n'accepte pas que les logiques du marché soient seules déterminantes.
Un service public fort, l'aménagement du territoire, la planification, la politique budgétaire et fiscale doivent permettre démocratiquement aux citoyens de dégager les grandes priorités nationales."

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29 novembre 2005

Est-ce vraiment de l'humour ?

Communiqué de l' AFP

Palmarès des 72 heures du Mans

Suite aux résultats bruts enregistrés et au réclamations déposées, la FISA ( fédération internationale des socialistes alternatifs ) est désormais en mesure de publier officiellement le résultat des courses conformément au rapport déposé par la Commission de Contrôle et des Bonnes Résolutions et ratifié à l' unanimité par le Conseil National de la Résistance à la Déprime ( CoNaRéDé ).

Vainqueur , catégorie 49 cm3, Jean-Marie Bockel . Sa vision de la course a fait l' admiration de tous. Promis à un grand avenir, son talent s'exercera sûrement dans les catégories supérieures la prochaine fois

Prix de la sportivité : Franck Pupunat, qui a du abandonner au bout de 32 heures de courses pour des raisons idéologiques et déontologiques, alors qu' il était en tête de sa catégorie. Son abnégation ,son courage et sa fidélité à son engagement sont à saluer.

Vainqueur , catégorie Espoirs et Prix de la régularité : Arnaud Montebourg, contre vents et marées, a tenu bon. Inébranlable a su résister au vent tourbillonnant du libéralisme qui a perturbé la course. Succès populaire indéniable qui lui assure un bel avenir. Grâce à sa prestation, son fan-club enregistre des adhésions en masse.

Vainqueur , catégorie Grand Tourisme : Henry Emmanuelli . Parti de 3 % d'opinions favorables dans le public, par son astuce et la force de persuasion, a réussi le tour de force de lâcher dans un premier temps ses camarades de l'équipe Haine-Aime, a rejoint au prix d' un gros effort, l'échappée de l'équipe Haine-Paix-Esse. Ensuite, il a, avec la collaboration de Vincent Peillon, effectué un retour fulgurant dans le peloton du leader pour finir dans les tous meilleurs dans le sprint final. Une course menée de main de maître, vers les sommets.

Vainqueur toutes catégories : François Hollande a domine l'épreuve de manière incontestable mais très contestée, pour la 4e fois consécutive, mais la dernière a-t-il déclaré. Ses admirateurs sont désespérés, ils se demandent qui va bien pouvoir lui succéder après 2007. Il va laisser un grand vide…

Le contrôle anti-dopage a été effectué : il est négatif. Aucune trace de produit illicite au dessus des normes européennes n'a été décelée . Tout a été conforme aux us et coutumes du bon vieux temps, le conservatisme et la tradition ont toujours été le meilleur gage d'un avenir résolument réformateur et plein de promesses.

AJT

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28 novembre 2005

Le jour des petites dents

Donc, ça y est. Nous y voilà. Le Conseil national du PS a eu lieu samedi 26 novembre et il a entériné la composition du secrétariat national, autant dire la direction véritable du PS.

On remarque souvent, dans le PS, que moins l'accord a de sens politique plus les places pour ceux qui y souscrivent sont élevées. La réalité apparaît donc dans toute sa limpidité. Henri Emmanuelli a désormais la responsabilité du projet, rien moins ; Benoît Hamon a récupéré l'Europe ; Vincent Peillon fait partie des 12 qui vont rédiger le projet socialiste pour 2007 (12 pour engager le pays, vous notez le côté démocratique...). Ainsi, chacun peut comprendre qu'Arnaud Montebourg n'exagère pas quand il parle de "synthèse à vil prix". D'accord politique il n'y a pas eu, juste un accord de politiciens. Ou quand la lutte des places remplace la lutte des classes. Vieille rengaine socialiste, il est vrai.

Une petite réflexion néanmoins, sur ces prétendus rénovateurs du Parti socialiste. Ils n'ont de "nouveau" que le nom et l'âge, sauf pour Emmanuelli. Et il est vrai que le place est tentante. Si j'osais, je dirais que Peillon et Hamon sont des néo-socialistes.... Mais rares sont ceux qui saisiront la portée du camouflet... Amis, à vos livres d'histoire.

Mais, baste. Ce n'est pas le temps de quitter le PS, malgré tout. Plutôt de s'organiser en son sein pour l'aiguillonner, le remettre dans le bon chemin, comme tant d'autres avant nous, avec plus ou moins de succès. Ayant le bonheur de militer dans la section qui fut celle de Marceau Pivert, marxiste émérite, socialiste consistant, je n'ai pas peur de ces lendemains qui déchantent.

Et puis, Arnaud est sorti de son mutisme. Il a lancé l'appel à la "résistance". Et déjà, les premières fissures de la synthèse  apparaissent. Le drâme, c'est que c'est quelqu'un de bien qui en pâtit. Jean-Luc Mélenchon s'est vu refuser un poste de secrétaire national. Au moins, les choses sont claires désormais.

On recommence à respirer

courage_1_

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25 novembre 2005

Petite lueur

Ca y est. Hier soir, jeudi 24, nous avons procédé au vote du premier secrétaire national, du premier secrétaire fédéral et du secrétaire de section. A Javel-Grenelle, je soutenais Christine Brunet, une excellente camarade, issue de Nouveau Monde (ancienne minorité de gauche, caractérisée par un fort lien avec le mouvement social) tout comme moi et leader du NPS dans le 15e arrondissement. C'est une femme, désormais sans emploi mais qui a travaillé toute sa vie dans le privé. Comme quoi, il y a encore des "vrais gens" dans le PS.

Le résultat est sans ambages : 114 votants, 73 voix pour Christine, 32 voix pour la candidate "hollandaise" et 9 voix pour l'ex représentante fabiusienne. Qui plus est, Christine obtient plus de voix que le candidat unique au secrétariat fédéral, Patrick Bloche (72 voix), et que le candidat inique au poste de secrétaire nationale, Guimauve le conquéri (68 voix).

Dans cette période où je vois mon parti partir en eau de boudin à tous les niveaux, c'est une petite lumière que la victoire de Christine. Je peux dire "sa" victoire, puisque, en termes de pourcentages, elle obtient plus de 64% des exprimés quand la motion NPS n'a capitalisé que 56 % des suffrages... Et force est de constater qu'elle a été cherché les voix une à une, passant des heures à discuter avec les uns et les autres.

En fait, ce qui fait la popularité de Christine dans la section, c'est qu'elle connaît tout le monde. Elle connaît précisément l'état de santé de chacun, sa situation professionnelle, ses soucis, ses bonheurs... Parce qu'elle aime véritablement les gens. Elle a vraiment une attention particulière pour chacun, sincère et viscérale. Christine n'est pas une idéologue, c'est une humaniste, et c'est pour cela qu'elle milite. Cela mérite le respect. Et justifie l'attachement que des camarades, dont je suis, lui portent.

Et puis, c'est une forme de revanche aussi. Les "Hollandais", à Javel-Grenelle, sont dirigés par quelques jeunes loups aux dents longues, professionnels de la basse politique, collaborateurs de cabinet d'élus. Le genre qui n'a jamais eu l'angoisse que nous sommes trop nombreux à connaître : celle de la fin du mois, quand il faut compter chaque euro pour savoir si on achète un morceau de viande ou un paquet de cigarettes, qu'on va à ED ou Lidl plutôt qu'à Intermarché. Parce que, à ED, c'est vraiment moins cher même si la qualité n'est pas au rendez-vous. Les affidés de Hollande, chez nous, sont loin de cela. Il me souvient, lors du vote pour les motions, le 9 novembre dernier, que l'un d'entre eux a sorti, royal, un chèque de 400 euros pour payer sa cotisation (oui, chez nous, ne vote que celui qui est à jour de sa cotisation). Vous imaginez, quand même, 400 euros !!! Presque le prix de mon loyer.... Si je devais sortir cette somme d'un seul coup, le 9 du mois après le loyer, le téléphone, la carte orange et l'électricité, je mange des pates tout le reste du mois. Sérieux décalage tout de même...

Alors, au final, voir la mine déconfite de ses petits arrivistes en costard, ça m'a mis du baume au coeur l'espace d'une soirée.

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22 novembre 2005

Le jour se lève après la nuit du Mans

Ainsi donc, le congrès du Mans s’est achevé par une grande synthèse. Au nom de la « responsabilité des socialistes devant la France », le boisseau a été mis sur plus un débat entamé à la Rochelle en 2004. Ce qui devait être un congrès de clarification accouche d’une souris politique, née dans la nuit des arrangements entre les morts. Car oui, ces éléphants sont déjà morts, tant ils témoignent d’une pratique totalement inadaptée aux besoins de l’heure. La synthèse ne se décrète pas, même à coups de places ; elle se réalise au quotidien, si tant est qu’elle puisse vivre un jour.

Certes, nous sommes tous socialistes. Certes… Mais nos désaccords existent et persistent par delà des combinazzionne entre apparatchiks. Est-ce un drame ? Comme le soulignait Henri Emmanuelli dans un entretien au Monde, daté du 18 novembre courant : « En 1981, il y avait une majorité et une minorité, et nous avons gagné. En 1995, nous étions tous unis, cela ne nous a pas empêché de perdre ». Car ce qui nous fait perdre, assurément, car cela nous discrédite aux yeux des Français, c’est la confusion.

Après ce qui a été dit, écrit, publié depuis plus d’un an, par les uns comme les autres, qui peut faire croire à nos concitoyens que nous serions finalement tombés tous d’accord sur une orientation ? Qui peut décemment imaginer que la première gauche de Laurent Fabius, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon puisse être compatible avec la deuxième gauche aux forts relents socio-libéraux de Dominique Strauss-Kahn et Jean-Christophe Cambadélis ? Ah !, direz-vous, mais plus personne ne s’intéresse à ces querelles de chapelle, dont nul ne connaît désormais les tenants et les aboutissants. Peut-être… Mais par contre, chacun sachant lire peut comprendre que les mesures, notamment économiques, prônées par les uns et les autres ne se retrouvent guère sur le fond. Dans un cas, le premier, il s’agit de transformer, par la réforme, la société en profondeur ; dans le second cas, le positionnement se cantonne à l’accompagnement social du libéralisme, comme on mène l’accompagnement social des chômeurs vers l’emploi. Avec le succès que l’on sait !

Cette synthèse ne vivra pas plus longtemps que le temps de la distribution des places au secrétariat national. Ce qui est certain, c’est qu’elle a pour objet de minorer la place et l’influence de Dominique Strauss-Kahn, grand perdant de la nuit du Mans. Les amendements fabiusiens pris en compte par la majorité sortante portent, essentiellement, sur les aspects économiques, c’est à dire ce qui sépare le plus les deux anciens ministres de l’Economie. Le choix d’intégrer, par exemple, le SMIG à 1 500 euros en 2012, proposition qualifiée par DSK de « démagogique », en est le meilleur exemple. Comme le fait de confier à Emmanuelli un secrétariat qui ferait de lui le « numéro 2 » du parti. De fait, la nuit du Mans c’est l’aboutissement d’un deal entre Fabius et Hollande, Henri jouant le rôle de soutien extérieur à Laurent. Etonnamment, Peillon, qui ne cachait pas ses amitiés pour Strauss-Kahn a joué le jeu contre son ancien mentor… Mais ce n’est là qu’une anecdote comme nous en vivons tant dans ce merveilleux parti qu’est le nôtre. Ce qui laisse aussi à penser sur la validité de l’attelage qui est issu de ces tractations.

Néanmoins, le résultat ne s’est pas fait attendre. Dès le dimanche 20 novembre, de nombreux camarades, notamment ceux impliqués dans le mouvement social et les syndicats, ont annoncé une prise de distance avec le parti, écœurés qu’ils sont par ces manœuvres à l’opposé de tout ce que nous avons pu proclamer durant les débats du congrès. C’est d’autant plus dommageable que ces camarades-là sont les relais essentiels dont nous avons besoin pour nous adresser à une composante majeure de notre électorat potentiel.

Cela étant, en est-il fini de la gauche du parti ? Déjà, Dolez et Filoche ont tiré : « Le combat n’est pas fini », écrivent-ils de concert. C’est un premier signe. Mais il était tellement prévisible que ce n’est pas une surprise à proprement parler. Ces camarades sont, depuis des années, sur une ligne politique telle qu’ils ne peuvent souscrire à aucune démarche majoritaire. La ligne du PS changerait au point de rendre possible une alliance électorale avec les alter-mondialistes, voir la LCR, qu’ils s’y opposeraient tout de même…

Alors, comme disait Lénine, que faire ? Tout simplement, continuons le travail entamé dans les sections, au plus près des militants et des adhérents. Menons encore et toujours le débat en faveur de la rénovation du Parti socialiste. Nous avons, depuis plusieurs congrès, planté des graines importantes. Au fil des années, la prise de conscience a progressé, les courants menant la rénovation, qu’elle soit idéologique ou/et dans les pratiques, ont notablement accru leur audience. Qui se rappelle que la Gauche socialiste ne totalisait, en 1995, que 10 % des voix dans le parti et qu’elle était la seule à mener ce combat ? Le 9 novembre dernier, les courants rénovateurs ont capitalisé près de 45 % des suffrages. Certes, il y aura du déchet dans ce total, mais ne faisons pas d’amalgames. Tous ceux qui ont voté pour les motions 2 et 5 n’attendaient pas la synthèse, loin s’en faut. Je me plais à croire que la majorité d’entre eux y étaient même opposés, quelles qu’en soient les conséquences. Il y a donc un militant sur cinq, au moins, pour qui le combat n’est pas terminé. C’est une force jamais acquise à l’intérieur du parti. Et elle est renforcée par ce qui vient de se passer.

C’est à partir de cette base qu’il faut continuer à agir, dans le parti comme à l’extérieur. Pour remettre en phase le PS avec son électorat potentiel, celui qui attend le plus de nous : militants syndicaux, acteurs du mouvement alter-mondialiste, personnes impliquées dans les associations, jeunes de banlieues, étudiants, précaires et chômeurs…

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02 novembre 2005

Nous sommes tous des réformistes

Au cours de ce congrès, que n’a-t-on entendu parler de réformisme… A l’évidence, nous, qui nous reconnaissions dans la motion Nouveau Parti socialiste – pour une alternative socialiste, le sommes. Autant que les autres. Nous aurions pu dire « plus », mais nous refusons la surenchère, sur ce terrain comme sur d’autres.

Le débat a été tranché en 1920 lorsque ceux dont nous sommes les héritiers ont refusé de rejoindre le jeune parti communiste.

Mais qu’est-ce que le réformisme au final ? A force d’en parler, on ne sait plus ce que signifie ce terme. Le réformisme est une doctrine socialiste de transformation de la société par la voie de la réforme, de la pédagogie politique, des « petites victoires » successives qui bâtissent un monde meilleur. Bref, comme l’ont dit et François Mitterrand et Lionel Jospin, avant nous, il s’agit de « changer la vie ».

L’ensemble de nos propositions se situent dans cette démarche de fond, authentiquement mais simplement socialiste.

Ce n’est pas de nous qu’il faut attendre l’incantation aux « lendemains qui chantent » ni la Révolution fusse-t-elle celle des Œillets.

Impliqués dans le monde réel, nous en connaissons trop bien la mesure pour savoir que le changement se construit pas à pas. C’est ce que nous voulons, c’est ce à quoi nous oeuvrons.

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