12 décembre 2005
Rénover maintenant
Bon, nous y voilà. Arnaud Montebourg, Thierry Mandon, Karine Berger et Christian Paul lancent "Rénover maintenant", le nouveau courant de gauche au sein du Parti socialiste. Il ambitionne de regrouper toutes celles et tous ceux qui considèrent que la majorité synthétique du PS ne peut décemment mener la rénovation des pratiques et des idées socialistes, en vue de répondre aux exigences de notre électorat (l'actuel, celui qui nous a quittés, celui qui attend nos propositions) et plus largement des citoyens de ce pays.
Inutile de dire que j'en suis.
Pourquoi recréer un courant minoritaire, me direz-vous ? Les leçons du passé n'auraient-elles servi à rien ? Justement, si !!! C'est pour cela que nous recommençons. Il ne s'agit pas de créer une opposition interne pour le plaisir. D'ailleurs, ce n'est pas une opposition. Ceux à qui nous devons nous opposer, en tant que socialistes assumés, c'est la droite, le Medef, l'extrême-droite.
En revanche, le constat m'est clair : le PS, dans sa synthèse artificielle, n'offre pas de clarté politique, d'originalité, de réponses aux besoins des citoyens, particulièrement les salariés, chômeurs, précaires, jeunes... de toutes origines géographiques. Les dramatiques incidents en banlieue ; les grèves à EDF, à la SNCM, à la RTM... en témoignent plus que jamais. J'en discutais ce matin, dans le train, avec un copain membre du bureau fédéral national de la FSU. Nous nous faisions ce constat de l'incapacité pathétique de la nouvelle direction du PS d'adresser des messages clairs, audibles, inovants, à ceux qui sont en attente. Et mon copain a appelé à voter Jospin au premier tour, en 1995. C'est dire qu'il n'est pas un anti socialiste primaire.
Une loi révisionniste
La loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » a des implications sur l´exercice de notre métier et engage les aspects pédagogiques, scientifiques et civiques de l'Histoire et de son enseignement.
Son article 4 dispose : « Les programmes de recherche universitaire accordent à l´histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu´elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l´histoire et aux sacrifices des combattants de l´armée
française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ... »
Il faut abroger d´urgence cette loi. C'est une loi révisionniste ! Que dirait-on si la loi venait à entérinner que les chambres à gaz ne constituent qu'un "détail de l'histoire" ?
http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=555
Congrès syndical
La semaine passée, les 9 et 10 octobre, se tenait le comité général de l'Union départementale CGT du Val de Marne. Un moment d'échange et de débats, intéressant, dans le cadre de la préparation du prochain congrès confédéral CGT. Ce prochain congrès est rendu nécessaire, notamment, par la mise en minorité de Bernard Thibaut et ses proches, en mars dernier, sur la question de l'appel à voter lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Thibaut était favorable à ne donner aucune consigne de vote ; le Conseil confédéral national, sorte de parlement de la CGT, a choisi d'appeler à voter "non". Le débat a pris des allures de conflit entre les "modernes" et les "anciens". Et la discussion se poursuit sur cette lancée. Du coup, les principaux débats sur l'avenir du salariat sont pourris par cette ambiance.
Coup de sang, tout de même, lors du comité général de l'UD 94. Frédérique Dupont, secrétaire générale de la CGT Val de Marne et accessoirement secrétaire de la confédération, évoque les banlieues dans son rapport introductif. Rien de plus de normal : les événements dramatiques qui ont enflammé les périphéries urbaines entre octobre et novembre n'ont pas épargné le Val de Marne. Dans ce département, nous vivons et nous travaillons. Il me semblait donc que nous étions en capacité de produire une réflexion propre, basée sur notre vécu, sur nos réalités, sur ce sujet. Las, Frédérique Dupont n'évoque ces événements dramatiques qu'au travers de l'intervention de John Monks, patron de la Confédération européenne des syndicats, au congrès de la CFTC...
C'est dire que, même dans les syndicats, la création d'une pensée, d'une analyse, originales est en recul. Et la vie de nos voisins, de nos collègues, dans tout ça ? On fait comment ? Du coup, je suis encore passé pour un allumé.
J'ai repris la trame de ma réflexion sur les banlieues (voir le texte Les Périphéries de la France, la République et la reconquête) en la recontextualisant. Ca a un peu refroidi la salle : on ne s'en prend pas impunément aux directions syndicales. Mais pas mal de camarades sont venus me féliciter après. Ca ne sert pas à grand chose, mais ça fait chaud au coeur.
Reprise
Allez, on reprend. Une semaine d'interruption, c'est beaucoup. Mais, il est aussi nécessaire de faire des breaks de temps en temps. De tâcher de prendre du recul, même si j'ai continué à militer la semaine passée.
Lorsque l'on fait de la politique par idéal, que l'on n'est pas permanent ou payé pour ne faire que cela, il faut se ressourcer, revenir à l'essentiel. Se questionner en permanence pour savoir si nous sommes dans la bonne voie ou pas. Autant la politique est affaire de convictions - à mon sens tout au moins - autant elle est aussi histoire de doutes. Sauf à tomber dans le dogmatisme. Ce qui n'est, assurément, pas ce dont les citoyens ont besoin aujourd'hui.
Donc, on s'y recolle. Encore et toujours.
02 décembre 2005
Mais où allons-nous ?
Une amie vient de m'appeler. Quelle horreur. Pas qu'elle m'appelle mais ce qu'elle me dit. Vraiment, parfois, il y a de quoi douter de tout, même de la justesse de la lutte démocratique.
Alors, en gros et sans rentrer dans les détails... Son mari l'a quittée il y a de cela 5-6 ans, la laissant seule avec 3 enfants, pas des plus sages. Mon amie est agent d'entretien dans une mairie. Elle élève désormais seule ses gamins. Le "hic" demeure qu'être maman de 3 garnements, bosser pour une salaire de merde et vivre un minimum, aujourd'hui, cela semble impossible.
Résultat des courses : son mari, vu qu'ils ne sont toujours pas divorcés (lui s'y oppose comme un [je vais mesuré mes mots] macho de base qu'il est), n'accepte pas qu'elle ait mis en route une procédure judiciaire pour obtenir le divorce et faire valoir ses droits ; deuxio, la plus jeune des mômes, il a 14 ans, part en sucette au collège et accumule les conneries (désolé, là, il n'y a pas d'autres mots)... Résultat, l'amie en question risque de se retrouver à la rue et de perdre la garde de ses enfants, lesquels ne seront pas même placés chez leur père mais en foyer ou un autre truc du genre.
C'est quoi la philosophie de cette affaire ? Que, quand on est une mère célibataire, on est forcément coupable ? Qu'on ne peut pas, sensément élever ses enfants correctement ?
Mais merde !!!!! Pour pouvoir les élever correctement, il faut du pognon et du temps. Or, le pognon, ça se gagne pas en restant chez soi que je sache. Du coup, oui, on est moins présent auprès des gosses. Et c'est l'engrenage. Fallait quoi ? Qu'elle reste avec son mari qui lui tapait dessus pour obéir au choix de la société ?
Vraiment, il y a des fois où on a envie de prendre une arme pour tirer dans le tas. Bon, d'accord, ça ne règle rien du tout. Mais là,j maintenant, avec le système actuel, nous faisons comment ? Parce que ce que mon amie vit, il y a plein de femmes qui le vivent tous les jours. Et encore, n'étant pas exhibitionniste, je vous parle de mon amie. Vous ne savez pas combien ce qu'elle endure me concerne aussi personnellement... Mais là n'est pas le sujet.
Enfin, voilà, une raison de plus de militer, de prendre des coups, de donner de son temps pour les autres.
Règlements de comptes
A mes parents
Etendard de sang,
Têtes fichées sur les lances,
Soyons vaillants, Frères !
Et déferlons, flot de terreur,
Depuis les steppes asiates
Jusqu'aux rives de l'Océan
Et rasons, dans notre chevauchée fantastique,
Les châteaux en Espagne,
Les prisons verre et acier.
Nous vengerons nos morts
Ceux du passé comme ceux à venir.
Hurlons ! Nous sommes chiens
Descendus de tous les Enfers de la terre
Assaillir le vieux monde à l'agonie.
Fils d'Ivan le Terrible,
Spartacus notre trisaïeul
Doit être fier de nous,
Fiché sur sa croix par des mécréants,
Nous le ressuciterons
Lui parmi tant d'autres.
Ah ! Ah ! Ils tremblent et pleurent
Leur vaisselle plastique piétinée
Qu'ils geignent encore
Notre joie en sera plus grande
- Nous sommes le fléau
Et nous partons à l'assaut des cieux
Reconquérir les Paradis perdus
Et Cronstadt et Moscou
Et cent Bastilles encore debout -.
Notre fureur se nomme violence ;
Grosse de sang et de rage,
Elle prend sa source
En Thermidor et au Mur des Fédérés.
Fiers nous sommes, fous aussi,
Comme on l'était face aux palais d'hier
Et l'Octobre de Grégoire
Est plus fort et plus beau
- Plus vrai par dessus tout -
Que tous les mois de mai.
01 décembre 2005
Le Comité des oeuvres sociales dans ma ville
Voilà, ça aussi, c'est fait. Hier, dans la mairie dans laquelle je travaille, nous votions. L'enjeu était de désigner les administrateurs du Comité des oeuvres sociales (COS) de la ville, c'est à dire l'équivalent d'un Comité d'entreprise dans sa partie "loisirs, voyages, activités diverses". L'aspect "économique" est assuré, dans les collectivités territoriales, par un Comité technique paritaire.
Or, donc, nous avions monté une liste unique CGT et FSU (la FSU, dans la Fonction publique territoriale est née du départ des militants CFDT après la "trahison" de Chérèque sur les retraites en 2003). Il va sans dire que cette liste unique n'allait pas de soi. En fait, en tant que membre du bureau de mon syndicat CGT, j'ai exprimé cette idée dès août dernier. Le président sortant du COS - CGT lui aussi - a eu la même idée de son côté.
Inutile de dire que nos instances n'ont pas forcément vu d'un très bon oeil cette idée. Les rapports entre la CGT et la FSU ne sont pas toujours des plus courtois, étant donné l'historique des camarades majoritairement issus de la CFDT, fût-elle en lutte. Mais bon, nous avons eu un "vote" (si, si, c'est vrai) et la proposition est passée.
Pourquoi une liste unique, me direz-vous ? Le syndicalisme français est déjà suffisamment éclaté, par rapport aux besoins effectifs des salariés, notamment ceux du privé. Si je refuse l'uniformité pour l'uniformité, il me semble que deux gros pôles syndicaux : l'un, d'accompagnement, tel que l'incarne la CFDT aujourd'hui ; l'autre, plus revendicatif, tel que le défend la CGT, seraient suffisants.
De plus, les différences sur les cahiers revendicatifs respectifs de la FSU et de la CGT, si elles existent, ne sont pas suffisamment fondamentales pour justifier la pérennisation de centrales indépendantes.
Enfin, sur un COS, ces différences sont encore plus infimes. Ce serait donc dommage de vouloir se compter pour se compter. Certes, il y a la question de la représentativité des diverses organisations syndicales au Centre national de la fonction publique territoriale. Mais celle-ci se mesure au travers des élections aux comités techniques paritaires et aux commissions administratives paritaires.
Donc, voilà, pour une fois, c'est d'abord l'intérêt des salariés qui a été pris en compte. Le résultat est là : 3 agents sur 4 se sont déplacés.





