socialiste au 21e siècle

Pourquoi et comment être socialiste aujourd'hui ? L'avis d'un militant socialiste, engagé dans la minorité de gauche, et par ailleurs militant syndical.

30 novembre 2005

Socialisme, social-démocratie et tutti quanti

Lecture intéressante que celle de la "Politique" d'Alain Duhamel dans "Libération" d'aujourd'hui. Ce cher chroniqueur taille, sans le vouloir certainement, un costume trois pièces cravate à ce pauvre François Hollande, qui n'avait certes pas besoin de cela.

Ainsi donc, le texte issu de la "sainte thèse" du Mans n'est pas socialiste, du moins n'en mérite-t-il pas le nom, sauf à tenir compte de l'appartenance partidaire de ses auteurs, explique en substance "le" spécialiste de la res politica en France... Plus grave, ce projet serait bien moins novateur que le programme du premier ministre Lionel Jospin en 1997. Sur ces faits, on peut ergoter à la virgule évidemment, mais - dans l'ensemble - le constat est juste.

Là où notre Duhamel national commence, un tantinet, à se fourvoyer, c'est quand il conclut que ce texte est "réformiste" et "social-démocrate". Ce qui tend à mettre en opposition socialisme et social-démocratie, autant que socialisme avec réformisme.

Sans rentrer dans la sémantique, il serait bon que chacun se rappelle quelques petites choses. Le réformisme prône le changement de société par la voie de la réforme (d'où son nom), de la démocratie, de la progression construite. Mais il y a tout de même l'idée de changement de société, de rupture avec le capitalisme. C'est d'ailleurs François Mitterrand, grand réformiste devant l'éternel et que nul ne saurait décemment taxer de "gauchisme", qui tranchait à Epinay : "Celui qui n'est pas anti-capitaliste n'a pas sa place au Parti socialiste". Les choses étaient donc claires. Les statuts du parti socialiste le sont tout autant : "Parti de rassemblement, il met le réformisme au service des espérances révolutionnaires. Il s'inscrit ainsi dans la démarche historique du socialisme démocratique" (déclaration de principes du Parti socialiste, adoptée à l'unanimité au Congrès de Rennes - 1990).

Enfin, la social-démocratie n'est devenue que très récemment, et contre l'histoire, contre les faits, synonime d'accompagnement du libéralisme. Marx se définissait comme social-démocrate, de même que Lénine, membre du Parti social démocrate des ouvriers de Russie, qui deviendra, après la révolution d'octobre, le Parti communiste de Russie.

Cessons donc de faire dire aux mots autre chose que ce qu'ils signifient historiquement. Et dans la réalité des faits.

Cela pour conclure en disant que le texte issue de la "sainte thèse" du Mans n'est pas même social-démocrate. Comme la politique de Lionel Jospin en son temps, il n'a d'autre but que l'accompagnement social du capitalisme. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin aujourd'hui. Ce dont la France a besoin c'est d'un parti réellement socialiste, qui se conforme à sa déclaration de principes. C'est à dire qui oeuvre au changement de société.

Je cite encore : "Le Parti socialiste est un parti de transformation sociale. La faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inégalités, accentue les déséquilibres mondiaux, exploite les richesses du Tiers-Monde et maintient dans de nombreux pays chômage et exclusions.
Le Parti socialiste est donc favorable à une société d'économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournisse à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l'intérêt général.
Il agit pour son dépassement par de nouvelles formes d'organisation économique et sociale donnant aux salariés une véritable citoyenneté dans l'entreprise.
Dans les secteurs clés qui déterminent la formation du citoyen (l'école, l'université, la télévision), les conditions de vie (logement, santé, environnement), il n'accepte pas que les logiques du marché soient seules déterminantes.
Un service public fort, l'aménagement du territoire, la planification, la politique budgétaire et fiscale doivent permettre démocratiquement aux citoyens de dégager les grandes priorités nationales."

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29 novembre 2005

De l'hétérodoxie en politique

L'orthodoxie a toujours le vent en poupe. Dès lors que, au Parti socialiste ou ailleurs, nous défendons un point de vue différent, l'anathème tombe : "diviseur", "gauchiste", "trotskiste"... C'est selon. Qui se souvient de ce mot superbe d'Antoine Saint-Exupéry : "Si tu es différent de moi, frère, loin de me léser, tu m'enrichis" ? Nos différences sont en effet autant de richesses pour qui sait les reconnaître.

La Politique est aventure humaine. Certes, c'est un combat collectif puisque nous nous retrouvons sur des valeurs, des engagements. Mais n'oublions jamais que ce collectif ne résulte jamais que de l'adhésion volontaire d'individus, enrichis de leur passé, de leur caractère, de leur histoire, de leur philosophie aussi.

Croire que l'on pourra fondre toutes ces individualités en une seule, en une pensée unique, est une abbération. Les régimes totalitaires l'ont plus que démontré, là est la vraie hérésie au regard du Genre humain. L'hétérodoxie, le fait de croire différemment, de prendre une voie dissemblable, est inhérent à l'Humain, enfin à l'Humain accompli.

Car ce chemin, nous l'avons choisi forts de nos bagages respectifs et pré-établis. De fait, ces parcours, ces identités individuelles, sont ce qui enrichit le groupe.

L'histoire, et pas seulement politique, nous rappelle que lorsque l'on entend laminer ces différences, c'est là que l'Humanité régresse. Je relisais dernièrement une Histoire de la Croisade des Albigeois. Le massacre des cathares a débouché sur un recul en arrière de plusieurs décades, voire de deux à trois siècles, pour les peuples de ce que l'on appelait alors le Languedoc. Mes amis Cévenols pourraient en dire autant de ce qui a prévalu avec les dragonnades aux 17e siècles.

Amis, quand vous avez peur de l'hétérodoxie, c'est de vous même, de vos penchants, de vos envies, de vos désirs - bref, de tout ce qui constitue le socle d'un engagement politique -, dont vous avez peur.

occitanie

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Arnaud Montebourg s'apprête à créer un nouveau courant rénovateur

Journal de Saone-et-Loire, le 29/11/2005

Arnaud Montebourg trace sa propre route. Dans une interview exclusive à notre journal, il annonce la création d'un nouveau courant, reconstituant autour de lui le NPS « historique » du Congrès de Dijon.

Un homme seul, Arnaud Montebourg ? En marge de la synthèse signée par les autres leaders socialistes, le député de Saône-et-Loire s'apprête à rebondir en créant son propre courant, censé poursuivre le travail de rénovation. Objectif affiché : rassembler autour des idées du NPS historique, et notamment le projet de VIe République, 15 à 20 % des militants français.
M. Montebourg s'en explique, dans sa première interview accordée depuis le Congrès du Mans.

Le Journal de Saône-et-Loire : pour commencer, revenons une semaine en arrière. Pourquoi avez-vous refusé de vous associer à la synthèse au Congrès du Mans, alors que vos partenaires du NPS Vincent Peillon et Henri Emmanuelli y souscrivaient ?
Arnaud Montebourg : « ce fut un choix de conscience très difficile mais que j'assume totalement. Je n'ai pas voulu sacrifier les positions que je porte depuis mon entrée dans la vie publique. Il y avait bien sûr la question de la 6e République qui faisait l'objet d'un refus obstiné de la part des dirigeants socialistes, 6e République sur laquelle je rappelle que j'ai été élu en 2002 dans ma circonscription de la Bresse et du Val-de-Saône.
Il y avait aussi l'ensemble des propositions que nous faisions pour lutter contre les dégâts de la mondialisation en organisant la protection des salariés et des industries attaquées par la concurrence déloyale du commerce mondial.
Il y avait enfin le beau projet d'embryon de République européenne qui avait pour objectif de mettre enfin de la démocratie dans les choix politiques de l'Union. Toutes ces convictions avaient été forgées par le NPS pour répondre à la profonde crise démocratique et sociale qui mine le pays depuis des années.
Les militants nous avaient confié ce mandat. Je n'ai pas voulu, en conscience, les lâcher pour quelques strapontins et miettes de pouvoir. »

JSL : ce refus de prendre en compte votre projet de VIe République constitue un échec personnel.
A. Montebourg : « je constate que les esprits ne sont pas mûrs et que nous avons là perdu sept ans, car le projet de 6e  République ne sera pas porté en 2007 mais en 2012. Toutefois, cette affaire n'est pas finie. L'UDF de François Bayrou s'apprête à défendre le même projet et d'autres partis de gauche ont décidé de porter également cette idée. Je pense que le Parti Socialiste a fait preuve d'aveuglement en refusant d'entendre nos propositions..»

JSL : vous avez claqué la porte du NPS dont vous êtes le cofondateur, samedi, lors du Conseil national. Vous vous retrouvez donc seul, avec le risque de la marginalisation.
A. Montebourg : « je n'ai pas claqué la porte. J'ai constaté le décès du NPS. Ses idées ont été soit abandonnées, soit laminées dans la moulinette de la synthèse. La plupart de ses dirigeants ont abandonné le NPS pour rejoindre les positions de François Hollande, et de surcroît, les militants, qui dans leur quasi-totalité ne voulaient pas de synthèse ont été méprisés. Ce sont tous les idéaux que j'ai portés qui ont été furieusement maltraités par le NPS lui-même. On ne peut donc que constater qu'il n'existe plus. »

JSL : allez-vous créer un nouveau courant pour poursuivre votre « travail de rénovation » ?
A. Montebourg : « aujourd'hui, les grandes fédérations qui ont apporté leurs voix me déclarent leur fidélité à notre idéal. J'ai reçu en une semaine 1300 e-mails de soutien et 590 au cours du dernier week-end. Pour entretenir cette espérance, donner espoir qu'il y a dans le PS une flamme qui veut rénover, renouveler les idées et les projets de la Gauche, nous allons reconstruire un courant qui rassemblera tous les militants, les élus, les parlementaires, les premiers fédéraux qui veulent continuer le combat. Ce nouveau courant devrait voir le jour très rapidement*. Notre position est de dire que c'est la société qui doit déboucher vers les partis et non les partis qui doivent tout ordonner. Nous ne sommes pas seuls, nous sommes très nombreux mais surtout nous sommes libres.
Nous sommes en train de reconstituer le NPS historique du Congrès de Dijon, moins Peillon et Emmanuelli, c'est-à-dire à peu près 17 % du parti. »

JSL : quid des rapports de force établis dans les fédérations ?
A. Montebourg :« les fédérations devront se positionner entre le Hollandisme et la poursuite de la rénovation. Nous ne sommes pas en opposition à la synthèse mais nous pensons que ce n'était pas rendre service à notre parti que tous les socialistes sacrifient tout ou partie de leurs convictions pour une unité qui n'était qu'artificielle. La véritable unité, celle qui a un sens, ne pourra se faire que lorsque les primaires internes auront désigné un candidat socialiste unique. Nous serons à ce moment tous unis derrière lui. »

JSL : justement, qui peut le mieux incarner l'alternance en 2007 ?
A. Montebourg : « chacun a pour l'instant son opinion. Nous ferons une sorte de banc d'essai, d'appel d'offres lorsque nous connaîtrons avec exactitude qui sont les candidats définitifs. Entre temps, nous apporterons notre pierre au projet, car les idées se transmettent pas delà les appartenances et les non-appartenances. Nous sommes dans le PS et nous serons dans le débat d'idées. Nous y pèserons de tout notre poids.

JSL : votre retour dans l'union issue de la synthèse est donc totalement exclu.
A. Montebourg : « la synthèse a sacrifié les idées nouvelles pour un profit qui n'existe pas. La VIe République est la seule idée nouvelle que le PS a eu depuis trois ans et c'est la première qu'on liquide. Est-ce la réponse la plus intelligente à donner aux temps turbulents qui se préparent ?..»

JSL : beaucoup se sont étonnés que vous ayez abandonné la direction de la Fédération de S-et-L. Votre avenir passe-t-il toujours par la S-et-L ?
A. Montebourg : « cette région est celle de mes racines. A chacune des épreuves politiques que j'ai dû affronter, les électeurs de la Bresse et du Val-de-Saône m'ont témoigné une fidélité sans pareille. Dans toutes les épreuves, je leur ai été moi aussi fidèle. Je pense d'ailleurs, dans les moments où il faut trouver le courage de faire face, souvent à beaucoup d'entre eux. Je leur resterai fidèle. Je reprends dans un mois la tournée des communes et des cantons où je rendrai compte de mon mandat. »

JSL : votre positionnement vous permet de prendre date pour l'après 2007, en cas d'échec de la Gauche à la Présidentielle.
A. Montebourg : « non. J'ai fait un choix de conviction qui m'est extrêmement coûteux. Je l'ai fait pour maintenir ces dizaines de milliers de militants ; ces centaines de milliers d'électeurs dans la croyance que le PS n'est pas celui qu'ils croient.
Je pense avoir fait œuvre utile au Parti, à la Gauche et à la France. »

JSL : votre ambition est-elle de rassembler à gauche, au-delà du Parti Socialiste ?
A. Montebourg : « mon objectif est de faire vibrer le PS au contact de la société, de tourner ce Parti vers elle. »
Propos recueillis
par J-Ph. Chapelon
*NDLR : dans les prochaines semaines

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Bolkenstein n'est jamais mort....

La Directive Bolkestein devrait exclure les services de santé A quelques semaines d'un premier vote décisif au Parlement européen de
Strasbourg (en janvier), les eurodéputés de la commission "marché Intérieur" du Parlement viennent de rendre leur copie. 1 600 amendements au total ont été passés au crible, et quelques changements substantiels ont déjà été enregistrés.

Exception faite pour les agences d’intérim qui devraient rester couvertes par la directive, les eurodéputés ont rallongé la liste des
services déjà exclus du champ de la directive par Bolkestein lui-même (services financiers, transports...). Ainsi l'intégralité des services de santé (privés ou publics) ne devrait pas relever de la future loi européenne. Conséquences : les pharmacies et les maisons de retraites devraient rester des secteurs protégés. La gauche (socialistes, verts, communistes) a en revanche perdu une bataille décisive puisque ses amendements sur l'exclusion de l'ensemble des services d'intérêt général (SIG) n'a pas été adopté.

Cela dit les Etats devraient rester seuls maîtres à bord pour définir si tel ou tel service relève ou pas de l'intérêt général (alors que le projet Bolkestein exigeait que les Etats notifient ces exigences à la Commission européenne). Enfin l'article 2 amendé précise noir sur blanc que la future loi européenne (qui ne devrait pas entrer en vigueur avant 2010) « n’impliquera pas une libéralisation des services d’intérêt économique général ni la privatisation d’entités publiques fournissant de tels services ». Autre avancée notable : la directive ne pourra en aucun cas revendiquer la primauté sur toutes les directives sectorielles déjà existantes. La directive de 1996 sur le détachement temporaire des travailleurs (que Bolkestein voulait débrider) devrait à ce titre rester la pierre angulaire de tout le dispositif.

Quid du fameux principe du pays d'origine ? C'est encore une victoire de la plateforme des Conservateurs et Libéraux du Parlement européen : le principe du pays d'origine (application du droit du pays d’origine dans un autre Etat membre) ne devrait pas disparaître totalement. Mais côté députés français du PPE, on assume : pour Jacques Toubon (membre de la commission parlementaire) « nous avons fait en sorte que tout le contrôle de l’activité du prestataire de services (activités, comportement, qualité, contenu du service…) relève des dispositions nationales de l’Etat membre d’établissement ». Le PPO révisé ne concernerait donc que le  statut de l’entreprise. Le vote en première lecture est prévu le mois prochain.

Après quoi le Conseil (des ministres) devra alors lui aussi se prononcer. Un vote en seconde lecture n'est pas attendu avant l'automne 2006. Quant à l'accord final entre le Conseil et le Parlement européen il pourrait intervenir en  plein coeur de la campagne présidentielle... au printemps 2007.

[ Christophe GARACH ]

Posté par lalbiges à 15:47 - Enjeux de société - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Est-ce vraiment de l'humour ?

Communiqué de l' AFP

Palmarès des 72 heures du Mans

Suite aux résultats bruts enregistrés et au réclamations déposées, la FISA ( fédération internationale des socialistes alternatifs ) est désormais en mesure de publier officiellement le résultat des courses conformément au rapport déposé par la Commission de Contrôle et des Bonnes Résolutions et ratifié à l' unanimité par le Conseil National de la Résistance à la Déprime ( CoNaRéDé ).

Vainqueur , catégorie 49 cm3, Jean-Marie Bockel . Sa vision de la course a fait l' admiration de tous. Promis à un grand avenir, son talent s'exercera sûrement dans les catégories supérieures la prochaine fois

Prix de la sportivité : Franck Pupunat, qui a du abandonner au bout de 32 heures de courses pour des raisons idéologiques et déontologiques, alors qu' il était en tête de sa catégorie. Son abnégation ,son courage et sa fidélité à son engagement sont à saluer.

Vainqueur , catégorie Espoirs et Prix de la régularité : Arnaud Montebourg, contre vents et marées, a tenu bon. Inébranlable a su résister au vent tourbillonnant du libéralisme qui a perturbé la course. Succès populaire indéniable qui lui assure un bel avenir. Grâce à sa prestation, son fan-club enregistre des adhésions en masse.

Vainqueur , catégorie Grand Tourisme : Henry Emmanuelli . Parti de 3 % d'opinions favorables dans le public, par son astuce et la force de persuasion, a réussi le tour de force de lâcher dans un premier temps ses camarades de l'équipe Haine-Aime, a rejoint au prix d' un gros effort, l'échappée de l'équipe Haine-Paix-Esse. Ensuite, il a, avec la collaboration de Vincent Peillon, effectué un retour fulgurant dans le peloton du leader pour finir dans les tous meilleurs dans le sprint final. Une course menée de main de maître, vers les sommets.

Vainqueur toutes catégories : François Hollande a domine l'épreuve de manière incontestable mais très contestée, pour la 4e fois consécutive, mais la dernière a-t-il déclaré. Ses admirateurs sont désespérés, ils se demandent qui va bien pouvoir lui succéder après 2007. Il va laisser un grand vide…

Le contrôle anti-dopage a été effectué : il est négatif. Aucune trace de produit illicite au dessus des normes européennes n'a été décelée . Tout a été conforme aux us et coutumes du bon vieux temps, le conservatisme et la tradition ont toujours été le meilleur gage d'un avenir résolument réformateur et plein de promesses.

AJT

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28 novembre 2005

Le jour des petites dents

Donc, ça y est. Nous y voilà. Le Conseil national du PS a eu lieu samedi 26 novembre et il a entériné la composition du secrétariat national, autant dire la direction véritable du PS.

On remarque souvent, dans le PS, que moins l'accord a de sens politique plus les places pour ceux qui y souscrivent sont élevées. La réalité apparaît donc dans toute sa limpidité. Henri Emmanuelli a désormais la responsabilité du projet, rien moins ; Benoît Hamon a récupéré l'Europe ; Vincent Peillon fait partie des 12 qui vont rédiger le projet socialiste pour 2007 (12 pour engager le pays, vous notez le côté démocratique...). Ainsi, chacun peut comprendre qu'Arnaud Montebourg n'exagère pas quand il parle de "synthèse à vil prix". D'accord politique il n'y a pas eu, juste un accord de politiciens. Ou quand la lutte des places remplace la lutte des classes. Vieille rengaine socialiste, il est vrai.

Une petite réflexion néanmoins, sur ces prétendus rénovateurs du Parti socialiste. Ils n'ont de "nouveau" que le nom et l'âge, sauf pour Emmanuelli. Et il est vrai que le place est tentante. Si j'osais, je dirais que Peillon et Hamon sont des néo-socialistes.... Mais rares sont ceux qui saisiront la portée du camouflet... Amis, à vos livres d'histoire.

Mais, baste. Ce n'est pas le temps de quitter le PS, malgré tout. Plutôt de s'organiser en son sein pour l'aiguillonner, le remettre dans le bon chemin, comme tant d'autres avant nous, avec plus ou moins de succès. Ayant le bonheur de militer dans la section qui fut celle de Marceau Pivert, marxiste émérite, socialiste consistant, je n'ai pas peur de ces lendemains qui déchantent.

Et puis, Arnaud est sorti de son mutisme. Il a lancé l'appel à la "résistance". Et déjà, les premières fissures de la synthèse  apparaissent. Le drâme, c'est que c'est quelqu'un de bien qui en pâtit. Jean-Luc Mélenchon s'est vu refuser un poste de secrétaire national. Au moins, les choses sont claires désormais.

On recommence à respirer

courage_1_

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25 novembre 2005

Négociation à l'Unedic

Ah, voici un sujet qui me tient à coeur. Probablement parce que je suis syndicaliste mais aussi parce que j'ai été souvent chômeur et que je risque de l'être à nouveau bientôt. Et puis, nombre de mes amis l'ont été ou le sont. Parlons donc un peu du chômage et du financement de l'indemnisation. Tout d'abord, les dernières infos :

PARIS (AFP) - Les syndicats ont unanimement rejeté mercredi, lors de la deuxième séance de négociation sur l'assurance-chômage, les premières propositions du patronat qui a demandé une baisse importante de la durée d'indemnisation.Lors de cette réunion, qui s'est terminée après quelque cinq heures de discussions et qui a pour la première fois abordé également la question des intermittents du spectacle, le patronat a détaillé ses propositions destinées à apurer les dettes de l'Unedic (près de 14 milliards d'euros fin 2005) en "trois ans".

Pour cela, le Medef propose de revenir à la dégressivité des allocations ou "d'ajuster les filières (d'indemnisation), en se préoccupant particulièrement des chômeurs les plus âgés", a déclaré son négociateur, Denis Gautier-Sauvagnac.

Selon les syndicats, le Medef propose de réduire la durée d'indemnisation de la filière A (chômeurs ayant cotisé 6 mois) de 7 mois actuellement à 6 mois et celle de la filière B (chômeurs ayant cotisé 14 mois), de 23 à 15 mois.

Il souhaite également réformer les deux filières d'indemnisation destinées aux chômeurs de plus de 50 ans mais il est resté vague sur ce point, selon les syndicats.

Le patronat veut aussi accélérer le retour à l'emploi des chômeurs "avec de l'accompagnement personnalisé, de la formation, des contrats de professionnalisation, le développement de la validation des acquis de l'expérience", a déclaré M. Gautier-Sauvagnac.

Voilà donc le patronat qui revient à la charge, dans la dérégulation du marché du travail. En proposant de réduire les périodes d'indemnisation, le Medef entend pousser les chômeurs à accepter n'importe quel emploi au rabais, ne nous y trompons pas. Le rétablissement des comptes de l'Unedic n'est qu'un prétexte pour poursuivre, à marche forcée, la précarisation du marché de l'emploi.

Mais, puisque nous parlons de financement, reprenons donc une approche globale. L'indemnisation des chômeurs s'inscrit dans le cadre général de la protection sociale, au même titre que les retraites ou l'Assurance maladie. Autant de domaines qui souffrent de problèmes endémiques de financement, depuis des années.

Au demeurant, il convient d'éviter le saucissonage, méthode habituellement pratiquée pour traiter ces dossiers épineux. Aujourd'hui, sur chacune des composantes, le financement doit être réalsié dans le strict cadre des critères de convergences européens et du Pacte de stabilité. C'est à dire en se soumettant au dogme de la "baisse des dépenses publiques". Déjà, ce point est plus que contestable. 

Avant tout, il convient aujourd'hui de travailler à une diversification des modes de financement pour palier aux déficits avérés. Une première donnée est à prendre en compte pour que nous parlions bien de la même chose. Constatons en effet que le déficit de la Sécu, entre 1997 et 2002, a quasiment été résorbé. Comment ? Les explictions ne sont pas légion : reprise de la consommation par le soutien aux salaires et à l'emploi. Les deux, alimentés par les lois sur les 35h, ont contribué à la création de 1,4 millions d'emplois. L'évidence s'impose : plus de travailleurs, ce sont plus de cotisants. Ce qui vaut pour la Sécu, valait aussi pour l'Unedic, à quelques nuances près.

Se pose ensuite la question de l'élargissement de l'assiette de cotisation et, notamment, la prise en compte des revenus non liés au travail (plus-value, revenus boursiers...). Cela correspond aussi à la nécessaire réhabilitation de la "valeur travail". Entendons-nous : l'ensemble "Protection sociale" tel que défini plus haut représente, en France, le salaire indirect. Or, l'addition salaire direct-salaire indirect a reculé dans le PIB (ensemble des richesses produites en France en un an) de 10 points en 20 ans, passant de 72 à 62 %.
Toute réforme du financement de la Protection sociale doit donc prendre en compte la nécessité de rééquilibrer cette balance. Faute de quoi, la fracture sociale durera encore longtemps et l'accompagnement ne prendra bientôt plus que des allures d'emplâtre sur une jambe de bois.

Posté par lalbiges à 11:29 - Enjeux de société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Petite lueur

Ca y est. Hier soir, jeudi 24, nous avons procédé au vote du premier secrétaire national, du premier secrétaire fédéral et du secrétaire de section. A Javel-Grenelle, je soutenais Christine Brunet, une excellente camarade, issue de Nouveau Monde (ancienne minorité de gauche, caractérisée par un fort lien avec le mouvement social) tout comme moi et leader du NPS dans le 15e arrondissement. C'est une femme, désormais sans emploi mais qui a travaillé toute sa vie dans le privé. Comme quoi, il y a encore des "vrais gens" dans le PS.

Le résultat est sans ambages : 114 votants, 73 voix pour Christine, 32 voix pour la candidate "hollandaise" et 9 voix pour l'ex représentante fabiusienne. Qui plus est, Christine obtient plus de voix que le candidat unique au secrétariat fédéral, Patrick Bloche (72 voix), et que le candidat inique au poste de secrétaire nationale, Guimauve le conquéri (68 voix).

Dans cette période où je vois mon parti partir en eau de boudin à tous les niveaux, c'est une petite lumière que la victoire de Christine. Je peux dire "sa" victoire, puisque, en termes de pourcentages, elle obtient plus de 64% des exprimés quand la motion NPS n'a capitalisé que 56 % des suffrages... Et force est de constater qu'elle a été cherché les voix une à une, passant des heures à discuter avec les uns et les autres.

En fait, ce qui fait la popularité de Christine dans la section, c'est qu'elle connaît tout le monde. Elle connaît précisément l'état de santé de chacun, sa situation professionnelle, ses soucis, ses bonheurs... Parce qu'elle aime véritablement les gens. Elle a vraiment une attention particulière pour chacun, sincère et viscérale. Christine n'est pas une idéologue, c'est une humaniste, et c'est pour cela qu'elle milite. Cela mérite le respect. Et justifie l'attachement que des camarades, dont je suis, lui portent.

Et puis, c'est une forme de revanche aussi. Les "Hollandais", à Javel-Grenelle, sont dirigés par quelques jeunes loups aux dents longues, professionnels de la basse politique, collaborateurs de cabinet d'élus. Le genre qui n'a jamais eu l'angoisse que nous sommes trop nombreux à connaître : celle de la fin du mois, quand il faut compter chaque euro pour savoir si on achète un morceau de viande ou un paquet de cigarettes, qu'on va à ED ou Lidl plutôt qu'à Intermarché. Parce que, à ED, c'est vraiment moins cher même si la qualité n'est pas au rendez-vous. Les affidés de Hollande, chez nous, sont loin de cela. Il me souvient, lors du vote pour les motions, le 9 novembre dernier, que l'un d'entre eux a sorti, royal, un chèque de 400 euros pour payer sa cotisation (oui, chez nous, ne vote que celui qui est à jour de sa cotisation). Vous imaginez, quand même, 400 euros !!! Presque le prix de mon loyer.... Si je devais sortir cette somme d'un seul coup, le 9 du mois après le loyer, le téléphone, la carte orange et l'électricité, je mange des pates tout le reste du mois. Sérieux décalage tout de même...

Alors, au final, voir la mine déconfite de ses petits arrivistes en costard, ça m'a mis du baume au coeur l'espace d'une soirée.

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24 novembre 2005

Etats d'âme ?

Parfois arrive un moment, ainsi, où l'on se demande à quoi bon dépenser tant d'énergie pour un résultat dont nous mesurons mal la portée. Cela fait deux jours pleins que j'ai lancé cet appel "Nous sommes le NPS". C'est peu de dire que l'affaire n'est pas facile. Certains de mes camarades m'ont gentiment conseillé de me "calmer", de mettre mon mouchoir sur cette démarche. Une amie m'a même carrément dit : "laisse tomber, ça ne sert à rien, on est morts de toute façon". Si je compare à la gravité de la situation du pays, avec des grèves à répétition : à EDF, à la SNCF, à la RATP... la marche pour sauver la recherche, mercredi 23 novembre, les émeutes en banlieue ; toute cette agitation peut sembler dérisoire, voire grossière au regard de la réalité de nos concitoyens. Réalitié qui est aussi la mienne, soit dit au passage.

Mais, justement, c'est cette réalité qui me pousse à agir, à réagir. Peut être de manière désordonnée, voire brutale parfois. Parce que, quand même, je vois mon Parti, le PS, inerte, absent du débat, incapable de prendre des initiatives fortes. Les besoins sont là, l'urgence frappe à notre porte ! Et nous, quoi ? Sur les banlieues, nous suivons bêtement le gouvernement : le Bureau national laisse "la lattitude à chacun" de se positionner sur le couvre-feu alors que les maires socialistes concernés sont unanimes pour dire que le "couvre feu" ne fait qu'envenimer les choses.

Sur EDF, les motions s'engagent toutes à renationaliser l'entreprise. Mais, concrètement, où était le PS quand les électriciens ont manifesté ? Quelle crédibilité en plus alors que nous savons que Jospin a avalisé la libéralisation du marché de l'énergie ? Quid encore de notre attitude sur la SNCF ou sur la SNCM plus tôt ? Et cette absence de positionnement clair pèse sur les capacités de rassemblement des organisations syndicales. En clair, la question que se pose tout le monde, les salariés en premier, reste : "pourquoi faire grève, puisque la droite va le faire et que le PS ne propose rien de concret ?". Toujours la même question : celle de l'alternative politique plutôt que de l'alternance.

C'est pour passer ce cap que je continue à m'énerver dans le PS, à me battre pour qu'un réel courant de gauche existe, force de proposition, aiguillon, poil à gratter, appelons cela comme on veut... Mais il faut rappeler sans cesse au PS l'avis, les envies, de ces milliers, ces millions ?, de gens qui attendent désespérément un geste, un signal, de sa part. Je persiste à croire que c'est le rôle des minorités de gauche de faire ces piqûres de rappel.

Posté par lalbiges à 15:07 - La gauche dans le PS - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nous sommes le Nouveau Parti socialiste

            Nous, militants socialistes, nous reconnaissant dans la démarche du courant « Nouveau Parti socialiste ». Lors du congrès du Mans, nous avons soutenu la motion 5 Un Nouveau Parti socialiste – Alternative socialiste.

            Nous réfutons la synthèse intervenue dans la nuit du 19 au 20 novembre dernier, que ce soit sur le fond politique ou sur la forme.

·        Parce que le mandat n’a été confié à personne pour réaliser une synthèse au rabais, excluant notamment la question fondamentale d’une 6e République primo-ministérielle ;

·        Parce que les conditions dans lesquelles s’est opérée cette synthèse bafouent les principes de démocratie sur lesquels a été fondé le Nouveau Parti socialiste ;

·        Parce que cette synthèse est le fruit d’une combinaison politicienne d’appareil à l’antithèse de ce pour quoi nous militons ;

·        Parce que la synthèse ainsi obtenue ne tire toujours pas les leçons de notre échec collectif lors des présidentielles de 2002 ;

·        Parce que cette synthèse entend dépasser le vote du 29 mai, c’est à dire qu’elle ne prend pas en compte la réalité de l’expression de nos concitoyens.

Dans ce cadre, nous nous engageons à poursuivre l’action entamée dans le cadre du Nouveau Parti socialiste en faveur de la rénovation idéologique et pratique de notre parti, le parti socialiste. Le congrès du Mans, sa préparation, son déroulement et sa conclusion nous poussent à continuer notre travail et même à l’amplifier.

Nous nous engageons à utiliser la démocratie pour faire vivre le débat nécessaire à cette rénovation, mais aussi pour décider de notre avenir commun.

Nous sommes le Nouveau Parti socialiste !

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Posté par lalbiges à 12:47 - Agir, réagir, intervenir - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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